Réparation gelcoat coque : étrave et bordé d'un J/92s
Réparation gelcoat coque sur un J/92s au Léman : étrave écaillée et bordé bâbord rayé repris par gelcoat bicomposant, ponçage progressif, spray et lustrage final.
Antifouling voilier au Léman sur un J/92s : coque et appendices poncés à fond jusqu'à une base saine, puis trois couches de Thin Film Graphite en finition.
Un bon antifouling se joue sous la peinture : une coque ramenée à une base saine et régulière, puis un revêtement accordé à l’eau où le bateau navigue. Sur Jamais, un J/92s de 2007 à La Pichette sur le Léman, le bateau est sorti de l’eau avec un historique d’antifouling inconnu — la saison a donc commencé par un vrai point de départ plutôt que par une couche de plus.
L’antifouling se refait environ chaque année, et ici la date de la dernière application était inconnue. Le bateau déjà à terre, toute la coque et les appendices — quille et safran — ont été poncés sur plusieurs couches plutôt que simplement recouverts.

Ce ponçage a rempli trois rôles. Il a traversé le vieil antifouling craquelé qui, sinon, ferait délaminer les couches fraîches. Il a confirmé que les craquelures n’étaient que dans la peinture et non dans la coque — et c’était le cas : aucun dégât sous la ligne de flottaison, stratifié sain. Et il a supprimé les petites marches laissées par des années de couches appliquées sans ponçage. Ce dont dépend toute couche au-dessus, c’est exactement cela : une surface saine, stable et régulière.
L’orientation vers le Thin Film est venue du Chantier Naval Casanova à Chardonne, au-dessus de Vevey — le chantier qui a aussi mis le bateau à l’eau — une recommandation assurée pour un bateau de régate de lac.

Le raisonnement colle à l’eau. Le Léman est une eau douce à pression de salissure modérée — surtout du mucus et des algues légères — si bien qu’une matrice dure et très fine convient mieux qu’une couche épaisse. Le Thin Film Graphite est un antifouling dur à matrice fine, homologué pour un usage suisse et européen en eau douce comme en eau salée, dans une finition graphite mate. Son film lisse et dur offre une surface à faible traînée et, tout aussi important sur un bateau entretenu chaque saison, il ne s’accumule pas d’année en année.
Revêtement dur et non auto-polissant, il demande un peu en retour : du mucus peut se former, un coup d’éponge occasionnel en cours de saison fait partie du contrat. Pour la régate en eau douce, c’est un échange équitable contre une surface rapide sans accumulation annuelle de peinture. Cela rejoint aussi la pratique courante sur les lacs suisses, où l’on préfère en général des revêtements durs et minces aux systèmes épais riches en cuivre ; une solution époxy-cuivre longue durée comme le Coppercoat, et un antifouling épais classique, ont été pesés puis écartés pour ce bateau.
La surface préparée, les bords masqués et l’ensemble nettoyé, la peinture a été passée au rouleau. Le Thin Film porte son graphite sous forme de poudre qui se dépose sous le couvercle : on la remélange dans la peinture avant d’appliquer — un antifouling dur ne performe qu’à la bonne épaisseur de film. Il sèche vite et ne demande pas de ponçage entre les couches, qui s’enchaînent donc le même jour.

Trois couches de Thin Film Graphite ont été appliquées sur la coque et les appendices. La finition est lisse, mate et régulière — la surface de régate qui justifiait tout le choix.
La routine d’une saison à l’autre est légère : un nettoyage au jet à la sortie de l’eau, un léger ponçage seulement là où c’est nécessaire, une ou deux couches fraîches pour renouveler le film, et un coup d’éponge occasionnel en cours de saison si du mucus se forme. Parce que la couche est mince et dure, elle ne prend pas d’épaisseur — il n’y a donc pas, en bout de course, de décapage complet à prévoir.
Pourquoi poncer une coque avant l’antifouling ? Pour donner aux nouvelles couches une base saine. Poncer le vieil antifouling craquelé évite le délaminage de la peinture fraîche, permet de vérifier que les craquelures ne sont que dans la peinture et non dans la coque, et supprime les marches laissées par des années de couches — pour une surface régulière.
Le Thin Film Graphite convient-il à un lac d’eau douce ? Oui. Il est homologué pour un usage suisse et européen en eau douce comme salée, et son film dur à faible traînée convient bien à la salissure modérée du Léman, où une couche biocide épaisse n’est pas nécessaire.
Combien de couches de Thin Film faut-il ? Deux à trois au rouleau pour une saison dans l’eau ; trois ont été appliquées ici, sur la coque et les appendices, pour un film régulier et une marge sur les zones les plus exposées.
Un antifouling dur doit-il être nettoyé en cours de saison ? Il peut. Un revêtement dur, non auto-polissant, peut laisser se former un peu de mucus ; un coup d’éponge occasionnel sous l’eau le garde propre — la contrepartie d’une faible traînée et d’une absence d’accumulation annuelle.
Ce travail fait partie du journal de bord de Jamais. Voir aussi la réparation gelcoat de l’étrave et du bordé bâbord et la réfection de l’hélice et du Sail Drive.
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